Stéphanie Lacour

1975

Professeure à l’École polytechnique fédérale de Lausanne (EPFL), Lausanne

"J’ai eu un environnement personnel et professionnel positif et encourageant, qui m’a toujours soutenue dans ma carrière et mes choix. L’obstacle principal est de croire en soi."

Mon parcours

Je suis professeure ordinaire à la Faculté des Sciences et Techniques de l’Ingénieur, entre deux instituts – la Microtechnique et la Bio-ingénierie, et je dirige le Centre de neuro-prothèses de l’EPFL qui regroupe 8 laboratoires, hébergés au Campus Biotech à Genève. J’enseigne et dirige une équipe de recherche interdisciplinaire d’une quinzaine de personnes venant de l’ingénierie, la chimie et les sciences de la vie. Nos travaux se concentrent sur le design et le développement de futurs dispositifs biomédicaux, appelés neuro-prothèses, et implémentés dans le contexte de traumatismes et de maladies neurologiques. C’est un métier à la fois très structuré et très libre.

Ce qui me passionne. Apprendre et assembler des connaissances entre les sciences de l’ingénierie et les sciences de la vie et l’idée de fabriquer un dispositif/ implant qui sera peut-être un jour utile à des personnes présentant une déficience neurologique. Mon équipe et nos défis technologiques.

Mon parcours. Il est relativement classique pour une professeure universitaire : études en Génie Électrique à l’INSA de Lyon, post-doc à Princeton University aux Etats-Unis, ensuite premier poste de chercheuse indépendante à l’Université de Cambridge avant de fonder mon propre laboratoire à l’EPFL en 2011 comme professeure assistante. Tout au long de mon parcours, j’ai pu être encadrée et soutenue par des mentors exceptionnels, dont celui de Princeton qui m’a communiqué sa fibre pour le métier de professeur d’université et a su me guider pour que je développe mon propre programme de recherche et établisse mon réseau international de collègues. Je suis toujours proche de lui et en contact régulier.

Je ne serais pas à mon poste aujourd’hui sans le soutien infaillible de mes parents et de mon mari. C’est un travail d’équipe ! Quelques collègues «clef» aussi, qui ont cru en moi et m’ont offert une opportunité.

Un bémol, des obstacles ? Il n’y a que 24h dans une journée et tant de choses à faire… Le métier de professeure (et le chemin pour y arriver) demande beaucoup de temps, de travail, d’humilité et de persévérance. Un obstacle est donc la gestion du temps et pour les femmes souvent la course contre l’horloge biologique. J’ai eu un environnement personnel et professionnel positif et encourageant, qui m’a toujours soutenue dans ma carrière et mes choix. L’obstacle principal est de croire en soi.

Je suis fière d’avoir pu allier ma vie familiale à ma passion pour la recherche. On peut être femme, mère et professeure en sciences et ingénierie. De diriger ma propre équipe/labo, de former et d’accompagner les membres de mon équipe vers leur prochaine étape professionnelle. Je suis une pionnière dans le domaine de l’électronique souple et étirable et son application aux neuro-technologies. Mon équipe a récemment démontré que des implants souples s’intègrent mieux au contact des tissus neuronaux que des implants «rigides». C’est un point d’ancrage de nos travaux. Est-ce que les implants de demain seront invisibles et intégrés aux tissus biologiques ? Point fort : Je suis très organisée et collabore avec des chercheurs et chercheuses de domaines très différents (science des matériaux, électronique, mécanique, neuroscience et neurochirurgie).

À la Proust

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Au-delà de votre profession

Mes enfants :-) et la musique, je suis flûtiste.

Des personnes qui vous inspirent

Simone Veil

Un livre

Henry V (William Shakespeare)

Un modèle

Mon mentor : le professeur Sigurd Wagner à Princeton.

Un objet

Mon carnet moleskine

Une couleur

Le rouge

Un rêve

Un safari en Afrique