Carole Baudin

1974

Professeure à la Haute Ecole Arc Ingénierie, Neuchâtel

"Un parcours ne se fait jamais seule… Différentes personnes m’ont fait confiance en me proposant des missions, des postes, des projets…"

Mon parcours

Je suis ingénieure en conception de produits, spécialisée dans les disciplines humaines et sociales. Professeure en sciences humaines et sociales appliquées à l’ingénierie, je suis donc responsable d’un groupe de recherche et des modules métiers de la formation appelée «conception ergonomique et design» de la filière Industrial Design Engineering.

J’ai toujours pensé que le monde des sciences et des techniques manquait cruellement d’une réelle compréhension et prise en compte de l’humain, dans toute son épaisseur, fait de chair, de sang, d’émotions, de sensibilité, de mémoire individuelle et collective, de partage social, mais aussi de son environnement. Avec mon équipe, j’essaie de prendre en compte ces dimensions. Et puis j’apprécie le regard des étudiant-e-s qui pétille en prenant conscience que l’on peut voir autrement.

Mon parcours. Suite à des études en mécanique à l’Université de Poitiers (France), nous étions trois filles dans un amphi de 100, j’ai fait partie des premières volées du Master en Conception de Produits et Innovation de l’Ecole Nationale Supérieure des Arts et Métiers de Paris (ENSAM – Paristech) où je me suis spécialisée en ergonomie de conception et en design sensoriel.

Après un doctorat au laboratoire d’ethnologie des mondes contemporains de Paris VII, j’ai été professeure associée à l’Université de Santiago du Chili. Mes soutiens ont été nombreux. Un parcours ne se fait jamais seule… Différentes personnes m’ont fait confiance en me proposant des missions, des postes, des projets… D’autres m’ont soutenue dans la vie familiale en comprenant mon engagement envers mon métier.

Un bémol, des obstacles ? Je regrette qu’il n’y ait pas plus d’aides pour les projets en recherche appliquée alliant sciences de l’ingénierie et sciences sociales et humaines. Les carcans disciplinaires sont de réels freins à l’avancée technologique. Le deuxième bémol est la désertion des filles des filières d’ingénierie, notamment de conception. Les sciences techniques n’ont jamais été socialement considérées comme un métier de femmes et nous sommes trop peu nombreuses. Pourtant, je pense que les femmes portent un regard différent sur les techniques et la technologie, regard dont a absolument besoin notre société.

Depuis 20 ans que je travaille, je suis fière d’avoir pu faire réfléchir sur ces thèmes une centaine de professionnel-le-s, et surtout, d’ingénieur-e-s en herbe, car ce sont elles et eux qui construiront notre société de demain. Je suis fière des succès de nos projets de recherche et transferts aux entreprises, et donc fière de notre équipe.

À la Proust

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Au-delà de votre profession

Le dessin, la peinture, la sculpture, j’ai une grande fascination pour le bois que j’aime travailler.

Des personnes qui vous inspirent

Un ensemble de femmes. Barbara. Françoise Dolto, Agatha Christie, Simone Weil et tant d’autres qui ont marqué l’histoire et inspiré d’autres femmes à oser dire et faire. Côté hommes, ce sont plus des récits de vie qui m’inspirent qu’un homme en particulier.

Un livre & un film

Le journal d’un corps ou Merci (Daniel Pennac) et Les Nouveaux Sauvages / Relatos salvajes (Damiàn Szifròn)

Un modèle

Ma mère. Elle m’a appris que l’intelligence était avant tout celle de la vie, et à valoriser mes savoirs.

Un objet

La montre que je ne porte pas.

Une couleur

Le noir, couleur sans laquelle la profondeur des choses ne se verrait pas !

Un rêve

Pas un rêve mais plutôt l’espoir de pouvoir prendre un peu plus de temps pour la réflexion, déguster les choses de la vie… et sauvegarder ce temps.