Solange Peters

1972

Directrice d’un service au Centre hospitalier universitaire vaudois (CHUV), Lausanne

"J’ai deux mentors, un en Europe, un autre aux Etats-Unis, toujours à mes côtés pour me soutenir et me guider."

Mon parcours

Je suis oncologue, avec une formation de médecin et de biologiste. Très attachée aux soins des patients et patientes, j’ai la grande chance de diriger le service d’oncologie médicale du CHUV, où la prise en charge globale des patient-e-s souffrant de cancer se centralise, incluant une intéressante approche de formation et de recherche clinique permettant d’accéder aux innovations thérapeutiques.

Ce qui me passionne. Les patient-e-s qui nous apprennent sans cesse à donner du sens à ce qui nous entoure, et nous offrent d’incroyables moments d’échange. La science, ses découvertes et ses questionnements. La politique, ses enjeux et ses rouages. Et mon équipe : un formidable groupe de professionnels-les absolument extraordinaires, travaillant dans une «interprofessionalité» unique… Et puis, soigner le cancer en équipe, essayer de guérir le cancer et assurer une équité de traitements ici, en Suisse et au-delà.

Mon parcours. Pour y arriver, il m’a fallu une organisation familiale sans faille, avec un conjoint extraordinaire, ce qui m’a permis de faire carrière tout en élevant mes enfants. J’ai deux mentors, un en Europe, un autre aux Etats-Unis, toujours à mes côtés pour me soutenir et me guider. Ensuite de la persévérance et du caractère – même si parfois cela m’a été reproché. Beaucoup, beaucoup de travail (plus de 70h par semaine) et l’encouragement de mes patient-e-s et de leurs proches.

Un bémol, des obstacles ? Il y a très peu de femmes à mon niveau. Au CHUV, moins de 15% des professeur-e-s (associé-e-s/ordinaires) étaient des femmes en 2017. La Faculté de biologie et médecine est plus avancée en la matière, arrivant à un peu plus d’un tiers. Un hôpital universitaire est une énorme machine où les soucis viennent toquer à la porte absolument tous les jours, et tendent à s’amonceler. Il ne faut pas penser en venir à bout. Alors que j’adore ce travail, il peut parfois être fatiguant. Nous avons tous et toutes nos moyens pour gérer les crises, qui peuvent survenir : le silence, l’activisme, l’instinct, la colère, l’humour, la procrastination, le verbiage. Sans qu’aucun n’offre une recette parfaite ou magique, une crise restant une crise avec son urgence et sa difficulté. Il reste vrai que j’évolue dans un environnement où les femmes sont rares, sujettes à une évaluation constante et considérées spécifiquement avec critique pour tout ce qu’elles font. Ce choix quant à la gestion des crises lui sera bien souvent reproché.

Les perceptions. La société impose aux femmes un spectre d’attributs, de critères d’analyse et d’évaluations ainsi qu’une liste de conditions à remplir fort différentes de celles exigées pour les hommes – et ceci d’autant plus clairement quand les femmes sont en franche minorité. Cela représente un ressenti au quotidien – avec lequel nous devons simplement avancer.

Je suis avant tout fière du service d’oncologie médicale et du travail remarquable fait tous les jours par cette brillante équipe. Ensemble, nous soignons au plus proche des connaissances actuelles, en suivant les standards de sécurité les plus strictes – en y ajoutant des nouvelles options. Je suis fière du travail de mes collaborateurs et collaboratrices dans toutes les disciplines du cancer. Nous amenons notre contribution, pour les patient-e-s, la science et notre connaissance de cette maladie. Mon point fort, c’est l’équipe… elle sait qu’elle peut compter sur moi pour la soutenir en toutes circonstances.

À la Proust

Cet encart vous est présenté dans sa langue d’origine
Au-delà de votre profession

La politique, la science et la pratique du sport.

Des personnes qui vous inspirent

Simone Veil, Rosa Parks, Martin Luther King et Albert Einstein.

Un livre & un film

La série des Malaussène (Daniel Pennac) et La Vita è Bella (Roberto Benigni), Still Alice (Richard Glatzer), Là-Haut (Pete Docter et Bob Peterson) et Mon voisin Totoro (Hayao Miyazaki)

Un modèle

Franco Cavalli, l’oncologue politicien tessinois, humaniste, politique, scientifique et Marie Curie.

Un objet

Je ne vois pas… Du chocolat ?

Une couleur

Le vert

Un rêve

Avoir plus de temps.