Esteva Claudia García-Moreno

1957

MÉDECIN AUPRÈS DE L’ORGANISATION MONDIALE DE LA SANTÉ (OMS), GENÈVE

"Ma passion est de mettre fin à la discrimination et changer la situation des femmes et des filles pour qu’elles puissent s’épanouir pleinement et mener une vie heureuse, en bonne santé et sans violence."

Mon parcours

Je suis médecin spécialisée en santé publique et je travaille à l’OMS, à Genève, au Département de la santé de la reproduction et de la recherche.

Mon travail consiste à soutenir l’élaboration de politiques et de programmes publics visant à lutter contre la violence faites aux femmes et à protéger leur santé et leurs droits sexuels et reproductifs. Cela implique de faire de la recherche sur les approches les plus efficaces de prévention pour combattre ces violences, d’élaborer des normes de santé publique et de collaborer avec des ministères de la santé afin d’élargir l’accès et la qualité des services destinés aux femmes (et aux enfants) victimes de violence. Ce qui me motive est de constater la prise de conscience et l’engagement accrus pour mettre fin à ces violences ainsi que de voir l’impact du travail que je mène avec mes collègues et nos partenaires. Savoir que j’ai été capable de faire la différence dans de nombreux domaines m’est important.

Ma passion. Mettre fin à la discrimination et changer la situation des femmes et des filles pour qu’elles puissent s’épanouir pleinement et mener une vie heureuse, en bonne santé et sans violence.

Je suis de plus en plus convaincue du besoin urgent de travailler avec les enfants dès leur plus jeune âge, de renforcer leur résilience, de faire face aux traumatismes et à la violence et de faire en sorte qu’ils puissent devenir des citoyens du monde en bonne santé et épris de paix.

Mon parcours. J’ai étudié la médecine à Mexico et effectué mon «service social» dans une région rurale très pauvre et isolée, ceci m’a ouvert les yeux sur les limites de ma formation médicale. En effet, cette formation ne traitait pas des problèmes de santé les plus courants liés à la pauvreté. J’ai travaillé à l’Université nationale en médecine familiale et en médecine préventive puis obtenu une bourse du British Council, ensuite j’ai obtenu une maîtrise en médecine communautaire à la London School of Hygiene and Tropical Medecine.

Après avoir obtenu mon diplôme, j’ai rejoint Oxfam UK et suis allée travailler en Éthiopie. Le pays était alors en guerre et subissait une terrible famine. Puis j’ai rejoint l’unité de santé d’Oxfam en Angleterre. Pendant huit ans, j’ai eu la chance de travailler à l’élaboration et à l’évaluation de programmes de santé primaire en Afrique et en Amérique latine, axés sur les besoins de la mère et de l’enfant, ainsi que sur le VIH et le sida. Cela m’a permis de prendre davantage conscience de l’inégalité de traitement entre les sexes et de son impact sur la santé et la vie des femmes. J’ai donc rejoint une organisation de défense de la santé et des droits des femmes et travaillé pendant trois ans sur la Conférence internationale sur la population et le développement (CIPD), une expérience qui a changé ma vie.

Juste avant la Conférence de Beijing, j’ai rejoint l’OMS pour diriger les travaux sur la santé des femmes. J’ai élaboré le document de synthèse de cette conférence. Celui-ci identifiait la violence à l’égard des femmes comme l’une des dix principales priorités en matière de santé et introduisait le concept de gender mainstreaming. J’ai coordonné l’étude multi-pays
de l’OMS sur la santé des femmes et la violence domestique et je travaille toujours sur la violence faite aux femmes. Je suis soutenue par la merveilleuse équipe de femmes avec laquelle je travaille – elles sont intelligentes, compétentes, engagées et passionnées – ainsi que par mon groupe d’amies proches et mon partenaire.

Je suis fière du travail que j’ai accompli avec de multiples partenaires pour muer la violence faite aux femmes en problème de santé publique. Je suis également fière du nombre croissant de jeunes femmes – dont plusieurs ont été parrainées – se consacrant à ce travail. Et je suis fière de mes enfants, qui tous deux deviendront des personnes compatissantes, déterminées à contribuer à l’amélioration du monde.

À la Proust

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Other interests beyond work

I love walking in the mountains and being out in nature – it brings me peace and calm (and offsets my natural temperament). I also love reading because it takes me to other places, other lives, and different settings and emotions. And I love music of all kinds – from classic and jazz to rock and folk, and everything in between. I love my family and watching my children grow and make their own experiences, learn from them and move forward.

People who inspire you

The many well-known and less-known women who stand up against injustice, speak the truth to those in power and have contributed to making the world a better place for me, my children and for all of humanity. And the men who support them too.

A book & a film

I have had many favourite books over the years. At the moment, I am reading and enjoying the last of the 4 Neapolitan novels by Elena Ferrante. As a child I loved The Sound of Music (Robert Wise). In general, I love films that are based on real people and events, particularly those featuring people who have stood up to – and often overcome – great obstacles and disadvantage. For example, Selma (Ava DuVernay), Suffragette (Sarah Gavron) and On the Basis of Sex (Mimi Leder).

One or more role models

My mother, who had to fight with her father to be allowed to go to university and who managed to have both a career and a family, which was not the norm for her generation.

An object that represents you

A ceramic pot. (I love ceramic pots and would love to collect one from each country I visit, but I stop myself now.)

A colour

Orange/coral or royal blue

A dream

To go walking in the Himalayas and visit near and far-off places (I have a list). I would love to learn to make pottery and to play the piano. And, if there is time left, to write a novel.